La grève, c’est cool.

Pourquoi c’est la grève le 5 novembre 2026 ?

La majorité des syndicats de travailleur·se·s (la CFDT, la CGT, de FO, l’Unsa et la FSU) appellent à la grève le jeudi 5 novembre 2026 pour lutter contre le projet de budget présenté par le gouvernement de Sébastien Lecornu, pour augmenter les salaires et pour défendre les moyens des services publics aux côtés de la jeunesse.

Est-ce que je peux faire grève aussi ?

Si tu es salarié·e, bien sûr ! Sauf de très rares exceptions, tu peux faire grève, et c’est assez facile.

La grève est un droit, en France, donc tu es protégé·e : il ne sera pas écrit sur ta fiche de paie que tu étais en grève, et ton employeur n’a pas le droit de t’en tenir rigueur par ailleurs de quelque manière que ce soit. Tu ne seras simplement pas payé·e pour ce jour de grève – c’est logique, mais c’est bien de le rappeler !

Si tu travailles dans le privé, pas besoin de préavis, sauf exceptions. Si tu ne travailles pas dans le transport, tu n’as pas à respecter de préavis ni à t’annoncer. Si tu veux, tu peux prévenir tes collègues, c’est plus sympa (et ça peut leur permettre de comprendre !), mais tu n’es pas obligé·e. (source)

Si tu travailles dans le public, un préavis de grève a été déposé par les syndicats. Tu es donc libre de faire grève (sauf cas particuliers : certains personnels hospitaliers, pénitentiaires, policiers, militaires ou judiciaires). Il n’y a pas à se déclarer gréviste à l’avance, sauf si tu es enseignant·e dans une école maternelle ou élémentaire, ou que tu travailles dans une structure soumise à un service minimum. (source)

Si tu es salarié·e d’une entreprise prestataire qui travaille chez un client, tu restes salarié·e de ton employeur : tu peux faire grève selon les règles applicables à n’importe quel·le salarié·e du privé. Vérifie simplement que l’appel à la grève couvre le secteur auquel est rattachée l’entreprise qui t’emploie légalement, à moins qu’il ne soit inter-professionnel.

Si tu es freelance ou indépendant·e, le droit de grève des salarié·e·s ne s’applique pas tel quel, car tu n’as pas d’employeur au titre de ta mission. Avant d’interrompre une prestation, vérifie ton contrat et les conséquences d’une suspension ou d’une rupture. En cas de doute, demande conseil à un syndicat ou à un·e juriste. Si les conditions réelles de ta mission ressemblent à un emploi salarié, fais vérifier ton statut.

Je suis précaire, qu’est ce que je risque ? Même avec un contrat court ou en période d’essai, tu as le droit de faire grève comme tout le monde. Par contre, les employeurs ont plus de moyens pour réprimer les salarié·e·s qui se mobilisent, par exemple en ne renouvellant pas leurs contrats. Il faut donc être prudent et prendre contact avec un syndicat au moindre problème.

…même si je ne manifeste pas ?

Bien sûr ! Les grèves sont souvent l’occasion de manifester dans la rue, mais ça n’est absolument pas obligé. Il y a même des jours de grève sans manifestation, car faire grève est utile en soi.

Tu peux mettre à profit ton jour de grève pour contribuer sans manifester. Cela peut être en te renseignant sur la lutte en cours, mais aussi en allant apporter ton soutien moral à des piquets de grève, en diffusant des informations sur les réseaux sociaux, en encourageant ton entourage à faire grève, etc.

Tu peux aussi juste prendre soin de toi ou aller te promener avec des potes. Rompre le train-train quotidien du travail pour prendre soin de soi, c’est aussi lutter et se donner de l’espace pour réfléchir.

…même si je ne suis pas dans un syndicat ?

Évidemment. Les syndicats sont un outil à notre service, ils nous permettent de nous organiser collectivement pour défendre nos droits, mais il est tout à fait possible d’être en grève sans avoir de lien avec un syndicat ou si il n’y a pas de syndicat dans son entreprise ou son administration.

J’ai l’impression que ça ne servira à rien :(

Bien sûr que si !

Si tu as l’impression que ça ne servira à rien car tu es seul·e, ou que vous n’êtes pas nombreux·se·s à faire grève dans ton entreprise ou ton administration, dis-toi que ça peut interroger certains de tes collègues qui se diront peut-être, la prochaine fois, qu’eux aussi, ils peuvent sauter le pas.

Si tu as l’impression que ça ne servira à rien au niveau national, détrompe-toi ! On a eu des exemples de grèves locales réussies ces dernières années (aux Ibis Batignolles, à GRDF, à Geodis) et du côté des mobilisations nationales inter-professionnelles, la longue grève fin 2019 a sans doute poussé l’exécutif à repousser leur réforme des retraites de plusieurs années, après la pandémie.

Même dans les petites entreprises où les personnes en grève ne sont parfois pas « comptées » dans les statistiques nationales, ces journées entières de production perturbée peuvent peser sur leurs résultats. Cela peut inciter leurs dirigeants à peser à leur tour sur le pouvoir politique et sur les syndicats patronaux pour sortir de la grève !

Dans tous les cas, quel que soit le résultat de la mobilisation, ça aura permis à ta voix d’être entendue, du fait que non, tu n’es pas d’accord avec ce qui se passe et que tu as des revendications. Aussi, tu n’auras pas de regrets de ne pas avoir participé à ta hauteur.

J’veux donner un coup de main !

Super, c’est cool !

Tu ne peux pas faire grève ? Tout le monde ne peut pas forcément faire grève, que ça soit pour des raisons d’argent, de métiers réglementés ou d’autres situations. Si tu peux encourager les gens autour de toi qui le font, leur dire que tu comprends leur démarche, que cette fois-ci tu ne contribues pas mais que tu y penses pour les prochaines fois, c’est déjà un début. Si tu peux aussi partager des messages qui encouragent à la grève, c’est cool aussi. Et un petit sourire pour les manifestant·e·s ou les personnels en grève mais qui doivent travailler, c’est encore plus cool !
Si le mouvement continue, tu peux aussi mettre de l’argent dans les caisses de grève. Cela permet aux travailleur·se·s en grève reconductible de tenir plus longtemps, leur donne confiance et augmente nos chances de gagner.

Tu fais grève ? Alors tu donnes déjà un coup de main ! Mais si tu veux, tu peux aussi participer à une manifestation, pour montrer le fait que tu n’es pas à ton poste de travail. Si personne de ton entourage n’est habitué à manifester, que tu t’inquiètes de la répression policière, reste proche d’un grand syndicat. Ils sont habitués à ce que ça se passe bien et ils t’éviteront des situations délicates. Tu peux aussi inviter d’autres personnes à faire grève, parler dans ton entourage de ces réformes injustes qui s'empilent (retraites, services publics, chômage…) ou participer à des Assemblées Générales.

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